« L’incertitude reste forte sur les marchés »

INTERVIEW Benjamin Melman, Global Chief Investment Officer d'Edmond de Rothschild Asset Management

Quels sont les risques macro-économiques majeurs qui pèsent sur les marchés financiers en 2026 ?
L’incertitude reste forte, notamment aux États-Unis où un tassement de l’emploi sans frein clair de la croissance crée un manque de repères sur la réalité de l’activité économique. La bulle IA représente un risque important, tout comme les pressions politiques sur la banque centrale américaine, la Fed. L’Europe, malgré des fragilités, bénéficie d’une dynamique portée par l’Allemagne et le plan NextGen EU, de relance de l’activité européenne.
A quoi s’attendre en matière d’évolution des marchés de taux ?
La Fed pourrait devenir plus accommodante après le départ de Jerome Powell, ce qui favoriserait une baisse des taux américains. La BCE pourrait assouplir sa politique pour contenir l’appréciation de l’euro face à la Fed. Nous privilégions les maturités courtes à moyennes, la prime de terme n’étant pas complètement reconstituée.
Faut-il craindre l’éclatement d’une bulle technologique aux USA ?
La bulle IA aux États-Unis rappelle celle d’Internet en 2000, avec des valorisations excessives et une spéculation élevée. Les investissements massifs risquent un retournement, impactant consommation et marchés. Cependant, aucun signe clair d’éclatement n’est imminent, mais la prudence s’impose, notamment sur les grandes valeurs IA.
Etes-vous confiants sur les marchés actions européens ?
L’Europe, malgré des risques budgétaires, présente des opportunités, soutenue par la relance allemande et le plan NextGen EU. La perspective de la mise en place d’une union des marchés de capitaux renforce également l’optimisme. Dans ce contexte, les small caps européennes et les secteurs résilients sont à privilégier.
2026 sera-t-elle enfin l’année des small midcaps ?
Les petites et moyennes capitalisations européennes devraient tirer profit d’un recentrage vers une croissance domestique, d’une possible baisse des taux BCE, et du soutien politique à l’offre et la demande. Ce segment offre une diversification intéressante face aux risques sur les grandes valeurs technologiques américaines.



