Ce qui change pour les épargnants au 1er janvier
- Cercle des Épargnants

- il y a 6 jours
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Si, pour le moment, seul le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) a été voté par le Parlement, alors que le budget de l’état fait l’objet d’une loi spéciale, voici d’ores et déjà les éléments qui vont changer pour les épargnants, au 1er janvier 2026 :
1.Hausse de la CSG : les PER sont-ils concernés ?
Conséquence du vote du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), les cotisations vont augmenter pour de nombreux produits financiers. Pour emporter les votes, le gouvernement a en effet proposé d'augmenter de 1,4 point la contribution sociale généralisée (CSG). Avec cette hausse, les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %. Et la flat tax (prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital) grimpe de 30 % à 31,4 %.
Ce texte a de nombreux impacts sur les épargnants. Pour renflouer les comptes de la Sécurité sociale, le texte prévoit dans sa partie « recettes », la création d’une « contribution financière pour l’autonomie » (CFA). Il s’agit d’une hausse de la CSG (contribution sociale généralisée) de 9,2 % à 10,6 % sur une partie des revenus du capital. De nombreux placements sont concernés par ce changement de règle au rang desquels : les intérêts, les dividendes et les plus-values-boursières qu'ils soient réalisés sur un compte-titres ou sur un PEA (imposés en cas de sortie uniquement).
Mais contrairement à ce qui avait été envisagé initialement, la hausse de la CSG ne concernera pas tous les épargnants. Les détenteurs de PEL ou de plans d'épargne populaire, de contrats d'assurance-vie ou encore les personnes qui perçoivent des revenus fonciers ou qui réalisent une plus-value immobilière échappent in extremis à la hausse. En outre si vous louez votre bien meublé, vous subirez la hausse de CSG. Malgré cet effort réclamé aux épargnants (1,5 milliards), le déficit de la Sécurité-Sociale devrait dépasser le niveau très élevé de 19 milliards d'euros à la fin d'année 2026. C'est en tout cas à ce prix-là que les députés ont dit oui !
L’assurance vie est pour le moment explicitement exclue de cette hausse dans le texte adopté en lecture définitive. En revanche, le PER n’est pour le moment pas listé parmi les exclusions dans le texte.
Mais entre constitutionnalistes et fiscalistes, les interprétations du texte divergent, ce qui mène à une incertitude sur l'assujettissement ou non des PER. La prudence s’impose donc dans l’attente d’avoir une clarification du législateur. Si le PER est finalement inclus dans l’assiette de la CFA, les prélèvements sociaux appliqués aux gains au moment de la sortie (ou au moment des prélèvements sur plus-values éventuelles) passeraient mécaniquement du niveau actuel (prélèvements sociaux totaux de 17,2 %) à un niveau légèrement supérieur.
2.Retraites : ce que le gel de la réforme Borne change pour vous
La décision de l’Assemblée nationale de geler la réforme des retraites portée par Élisabeth Borne a des conséquences très concrètes pour votre calendrier de départ à la retraite — et, par ricochet, pour votre stratégie d’épargne. Selon votre année de naissance, vous pourriez disposer de plusieurs mois, voire d’une année supplémentaire, avant de liquider vos droits.
La réforme de 2023 prévoyait un relèvement progressif de l’âge légal de départ de 62 à 64 ans ainsi qu’un allongement de la durée de cotisation. Le gel voté par les députés n’annule pas ces mesures, mais suspend leur montée en charge jusqu’à l’horizon 2027-2028. Les règles déjà appliquées demeurent, mais les prochaines hausses sont stoppées.
Ce que cela change pour vous, génération par génération :
• Nés avant 1964 : aucun changement. Votre âge légal est déjà fixé et le gel n’améliore pas votre situation.
• Nés en 1964 : vous êtes parmi les principaux bénéficiaires du gel de la réforme. L’âge légal reste à 62 ans et 9 mois, avec un trimestre de cotisation en moins par rapport au calendrier initial.
• Nés en 1965 : le gain dépend de votre trimestre de naissance, mais peut atteindre jusqu’à six mois de départ anticipé et un à deux trimestres de cotisation en moins ou en plus ? .
• Nés entre 1966 et 1968 : le gel peut représenter un gain très significatif, de neuf mois à plus d’un an, si la suspension est maintenue dans le temps.
• Nés en 1969 ou après : aucun effet immédiat. Votre situation dépendra entièrement des choix politiques qui seront faits après 2027.
Globalement, donc ce gel de la réforme modifie les repères pour les épargnants. Un départ potentiellement plus tardif ou plus précoce a un impact direct sur la durée pendant laquelle vous devrez mobiliser votre épargne, sur l’intérêt de poursuivre ou non des versements sur un PER, et sur l’arbitrage entre épargne longue et liquidités. Plus la date de départ est incertaine, plus la souplesse des placements devient essentielle.
3.Le cumul emploi-retraite fortement restreint en 2027
Cela sera effectif début 2027 seulement mais il faut probablement s’y préparer d’ores et déjà. A partir de l’an prochain, les conditions de cumul emploi-retraite vont se durcir fortement, une conséquence passée presque inaperçue de l'adoption mardi du budget de la Sécurité sociale mais qui représente une petite révolution pour les seniors.
Cette réforme "est plus importante que la suspension de la réforme des retraites parce que cette suspension va profiter transitoirement aux seules générations 1964-68, alors que là, on a un changement systémique, qui va toucher l'ensemble des futures générations de retraités", avertit l'économiste du travail Philippe Askenazy cité par l’AFP.
Actuellement, deux systèmes cohabitent, le cumul intégral et le cumul plafonné.
Une personne qui bénéficie d'une retraite à taux plein peut reprendre une activité sans plafond de revenus. A l'inverse, quelqu'un qui est parti à la retraite avant d'atteindre le taux plein voit le montant du cumul entre pension et revenus d'activité plafonné à 160% du montant brut du Smic ou à son dernier salaire mensuel brut (le plus avantageux des deux est retenu).
A partir du 1er janvier 2027, une personne qui a pris sa retraite avant l'âge légal et qui reprend une activité verra 100% de ses revenus déduits de sa pension de retraite.
Entre l'ouverture des droits à la retraite et l'âge d'annulation de la décote (67 ans), la pension sera réduite de 50% des revenus d'activité supérieurs à un seuil qui pourrait être fixé autour de 7.000 euros annuels.
Cumuler retraite et emploi avant 67 ans deviendra ainsi très peu intéressant financièrement. Après 67 ans, en revanche, un cumul intégral sera possible.




Pitchers alter their pitch selection in response to the count and the situation.
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