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“Les perspectives 2026 pour l’assurance-vie demeurent très positives”.

  • Photo du rédacteur: Cercle des Épargnants
    Cercle des Épargnants
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

INTERVIEW : Ce mois-ci Catherine Baudeneau, d’Altaprofits, nous livre son analyse et ses perspectives sur l’assurance-vie.


Portrait de Brice Tinturier
Madame Catherine Baudeneau

Quel bilan peut-on tirer de l’assurance-vie en 2025 ?

L’année 2025 a été marquée par une importante collecte pour l’assurance-vie, avec une part entre unités de compte et fonds en euros stable par rapport à 2024, de l’ordre de 40% pour les unités de compte. Une collecte d’autant plus dynamique que, durant cette période, les marchés financiers n’ont pas été un long fleuve tranquille, en particulier en avril où les craintes de crise financière ont atteint leur paroxysme.

 

Comment s’explique cet engouement pour l’assurance-vie ?

La première raison est sans doute la baisse du taux du Livret A intervenue au mois d’août qui a incité les épargnants à aller rechercher du rendement ailleurs. La seconde raison est fiscale : malgré de nombreux débats fin 2025, l’assurance-vie a échappé à toute nouvelle hausse de fiscalité. Ces deux effets conjugués sont d’ailleurs, de bon augure également pour la collecte 2026. Mais les contrats d’assurance-vie ont également su se rendre attractifs, et c’est la troisième raison : les assureurs ont proposé tout au long de l’année des bonifications (de +1,5 à +2 %) sur les versements affectés aux fonds en euros. Certaines offres étaient conditionnées à un minimum d’UC (supports présentant un risque de perte en capital) souvent 30 % ou 50 %, ce qui n’était pas un frein étant donnée la largeur de l‘offre en unités de compte, permettant de trouver des solutions pour tous les profils. Ces offres ont encouragé la collecte, influant aussi sur le taux d’UC, selon les périodes et les assureurs.

 

Pourquoi les UC séduisent-elles les épargnants ?

C’est vrai qu’un niveau de 40 % sur les UC peut être jugé relativement élevé, quand on sait que les Français sont réputés réfractaires au risque. C’est le signe, justement, que les épargnants sont prêts à prendre un peu plus de risque dans leur assurance-vie, pour un meilleur rendement attendu. Mais cela s’explique aussi par la largeur de l’offre en unités de compte. La diversité des UC proposées permet de construire une allocation pour tous les profils, en ajustant le risque  selon les sensibilités et les horizons de placement des épargnants. Et les offres de bonification des fonds en euros conditionnées à une part en UC ont été incitatives également.


Les produits structurés jouent-ils un rôle dans cette explication ?

Oui et il s’agit également d’une autre tendance forte de 2025 : la démocratisation progressive de l’utilisation de produits structurés dans la composition de l’Assurance-vie. Ces produits ont permis d’investir sur des UC en offrant des conditions d’investissement bien encadrées. En effet, les principaux paramètres sont définis à l’avance : le niveau de protection du capital, la durée, et l’objectif de gain, avec les scenarios de réalisation de ces gains.


Les épargnants demandent-ils spontanément à mettre des produits structurés dans leur assurance-vie ?

Disons que lorsque l’on propose des produits structurés, il y a de l’appétence. Ce type de produits n’est pas encore très connu donc l’épargnant ne le demande pas spontanément mais à partir du moment où il en entend parler on ressent de l’écoute chez lui. Il faut bien distinguer deux grandes familles de produits structurés : les produits à capital garanti, qui s’adressent à des profils plutôt prudents— sachant que la garantie du capital est à échéance uniquement ; et les produits structurés plus dynamiques offrant un objectif de rendement supérieur, avec un risque plus élevé. Dans ce dernier cas, le capital n’est pas garanti mais il peut être protégé jusqu’à une certaine baisse du sous-jacent sur lequel le produit est adossé. Ces deux types de produits structurés ne s’adressent pas à la même cible, ce sont deux familles vraiment différentes.


Avez-vous noté d’autres évolutions dans la manière dont les épargnants ont investi en assurance-vie ?

Oui. Outre les tendances déjà évoquées, nous avons eu en 2025 la confirmation de l’engouement pour les ETF (Exchange Traded Funds), ces produits synthétiques qui répliquent des indices et dont la part ne cesse de se renforcer au sein des UC. Il est difficile de dire dans quelle proportion, cela dépend des offres propres aux assureurs, mais la tendance est forte et la diversité des ETF présents dans le contrat est devenu un critère de choix d’un contrat d’assurance vie. La demande pour ce type de produits est désormais structurelle.


Quid de la collecte ? Passe-t-elle toujours par des circuits classiques ?

La collecte en assurance-vie se fait de plus en plus par les canaux internet, et les acteurs purement digitaux ont connu une très bonne croissance l’an dernier. La digitalisation facilite la comparaison entre produits, l’accès à l’information et la souscription, puis la gestion de son épargne, s’alignant avec les attentes des épargnants. Les moteurs de recherche d’IA sont d’ailleurs de plus en plus utilisés dans les recherches des épargnants, pour comparer les différentes offres, avec des niveaux de comparaison très fins.


Quelles sont les perspectives pour 2026 ?

Elles restent très positives pour l’assurance-vie car les moteurs restent toujours en place : nouvelle baisse du taux du Livret A, absence de fiscalité supplémentaire sur l’assurance-vie et poursuite des offres de bonification de taux par les assureurs - bien que les conditions soient plus restrictives qu’en 2025, et enrichissement continu de la gamme d’unités de compte. La proportion UC et fonds euro devrait rester proche de celle de 2025.


Quels sont les conseils à donner à un épargnant qui souhaite investir dans de l’assurance-vie ?

Avant toute chose, bien définir son profil investisseur et son horizon de placement. Ensuite, si on veut investir de manière dynamique, nous conseillons toujours d’investir progressivement. Ce dernier point est essentiel : il est impossible de connaître le bon moment pour investir.  Privilégier les versements réguliers plutôt qu’un versement en une seule fois, permet de lisser les points d’entrée et réduire son risque sur le long terme. C’est un peu comme le sport, il vaut mieux une pratique régulière qu’une seule séance unique intensive. Ensuite, pour ceux qui n’ont pas le temps ou pas les connaissances, la gestion pilotée est une excellente option. Elle est désormais accessible dans la plupart des contrats.



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