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Les effets à long terme d’une mauvaise impression en Finance

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    Philippe Dupuy
  • il y a 50 minutes
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Philippe Dupuy

Par Philippe Dupuy, président


Il est bien connu que les premières expériences contribuent fortement à la perception que chacun peut avoir d’un phénomène. Ainsi les générations qui ont connu la grande dépression et la correction de 1929 ont conservé, en moyenne, une méfiance vis-à-vis des marchés boursiers et des placements à risque tout au long de leur vie. A l’opposé, les générations d’après-guerre avaient une vision plus favorable des marchés. C’est ce que montre la chercheuse Ulrike Malmendier, dans un article de 2021, articulant finance comportementale et neurosciences1. La première impression sert d’ancrage aux analyses suivantes et l’effet initial positif ou négatif peut se retrouver sur le long terme dans la prise de risque et le choix des actifs.


Alors, que penser du résultat suivant du baromètre 2026 du Cercle des Epargnants ? Nous avons demandé à un panel représentatif de Français de nous dire s’ils ont une bonne ou une mauvaise image de certains instruments financiers comme les actions, les obligations et les…crypto-actifs. Sans surprise, en moyenne, à travers les générations, les instruments classiques comme les actions et les obligations ressortent en tête avec près de 32% d’opinions favorables, loin devant les crypto-actifs qui stagnent à 16%. Cependant, dans le détail, un résultat est frappant : les moins de 25 ans sont 34% à déclarer avoir une bonne image des crypto-actifs alors qu’ils ne sont que 24% à déclarer avoir une bonne image des obligations d’Etat !


Cette génération fait ses gammes sur les questions d’épargne dans un environnement politique instable ou la question des déficits publics et de l’accumulation de dette est régulièrement dans l’actualité. La dégradation de la note de la France en tant qu’emprunteur en septembre 2025 n’améliore pas non plus l’image des obligations d’Etat. Au final, cette génération pourrait très bien, si on en croit les conclusions d’Ulrike Malmendier, conserver une certaine méfiance vis-à-vis des obligations d’Etat en les voyant comme des actifs potentiellement risqués quelle que soit la trajectoire future de la dette de la France. Les résultats demandent à être confirmés en renouvelant la question dans un prochain baromètre. Mais pour le moins, cela interroge sur l’attractivité de la dette française auprès des jeunes générations !

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