« l’IA est un outil mais ce n’est pas à elle de décider à la place de l’épargnant ! »
- Cercle des Épargnants

- 30 avr.
- 4 min de lecture

Les épargnants ont-ils tendance à s’informer de plus en plus en utilisant l’IA ?
Oui ! on estime que désormais un épargnant sur cinq s’informe sur les questions financières en utilisant chat GPT. Ils ont recours à l’Intelligence Artificielle pour deux motifs : soit ils cherchent à se renseigner sur la Finance, soit ils demandent à l’IA de vérifier si ce que leur propose leur conseiller financier (assureur, banquier) est opportun. Le taux de croissance de ce medium d’information est spectaculaire, cinq fois plus rapide que celui d’internet à l’époque. On estime qu’en deux ans, autant de gens ont basculé sur l’IA pour se renseigner qu’en dix ans sur internet…
En quoi est-ce problématique ?
Le développement des outils d’IA générative s’accompagne de nouveaux usages, notamment chez les jeunes épargnants, qui peuvent être tentés de solliciter ces outils avec des questions telles que : « j’ai 2 000 euros, comment maximiser mes gains ? ».
Dans ce contexte, plusieurs points de vigilance émergent. D’une part, les réponses fournies peuvent parfois mettre en avant des actifs à fort potentiel de rendement, qui sont aussi souvent les plus risqués, comme certains produits spéculatifs, dont les cryptomonnaies. Sans nécessairement constituer une recommandation explicite, ce type de mise en avant peut influencer des utilisateurs peu expérimentés.
D’autre part, ces réponses reposent sur des mécanismes dont la transparence reste limitée : il est difficile pour l’utilisateur d’identifier précisément les sources ou les logiques ayant conduit à la réponse, ce qui pose la question de la compréhension et de la confiance.
Enfin, ces dynamiques soulèvent également des enjeux plus larges, notamment en matière de souveraineté économique. Les orientations suggérées peuvent conduire les épargnants à se tourner vers des produits ou des acteurs internationaux, sans nécessairement prendre en compte leur impact sur l’économie nationale.
L’IA profite donc du manque de culture financière des épargnants ?
Oui mais aussi d’un phénomène plus prosaïque : les gens s’intéressent plutôt à la gestion de leur épargne le week-end, car ils sont davantage disponibles, mais à cette période-là leurs conseillers physiques ne sont pas disponibles, évidemment, ce qui les pousse à aller se renseigner en ligne.
Comment se protéger contre ce phénomène ?
La question est simple : laisse-t-on se développer une IA non régulée et non souveraine, ou bien incite-t-on les institutions financières françaises à mettre à la disposition de leurs clients une IA fiable et sécurisée, dotée d’un dispositif mémoriel qui conserve les conversations et les échanges de sorte que lorsque le conseiller bancaire ou assurantiel retourne à son bureau le lundi, il puisse voir quelles sont les questions que son client a posé à l’IA pendant le week-end ? Cela lui permet de vérifier la qualité des réponses ou de reprendre contact directement avec son client pour mieux expliciter certains points. C’est cette deuxième solution que nous défendons chez OdonaTech.
Mais nous devons rester positifs envers l’IA, tout de même ?
Bien sûr, car l’IA a des capacités merveilleuses, c’est une révolution et une avancée incontestables à condition de ne pas l’utiliser n’importe comment et de comprendre comment elle fonctionne. Peu de gens savent par exemple, que l’IA a un « biais de confirmation ». Si vous posez une question trop fermée à l’IA elle vous la confirmera plutôt que de la challenger. Si par exemple vous lui demandez : « est-ce le bon moment d’investir sur les actions françaises ? » elle vous listera toutes les bonnes raisons de le faire, vous donnant ainsi l’idée de valider votre envie d’investir sur des actions. Pour s’en prémunir il faut poser la question différemment, dans ce cas en lui demandant plutôt : « fais-moi une analyse critique des marchés actions français en me disant si c’est un bon moment pour investir ou si au contraire ce n’est pas le bon moment ». La réponse sera plus équilibrée, avec des bons arguments des deux côtés ce qui nous permettra ensuite de prendre une décision plus argumentée et surtout plus appropriée à notre propre situation. Il faut également utiliser l’IA pour ce qu’elle sait vraiment faire, à savoir synthétiser les questions complexes et les expliquer simplement. Ou bien nous aider à relire un contrat d’assurance-vie par exemple, en étudiant toutes les annexes afin de nous alerter sur les points les plus importants. Mais ce n’est pas à elle de nous dire s’il vaut mieux souscrire à une assurance-vie plutôt qu’à un autre produit d’épargne.
Quels sont les conseils que vous pourriez donner à nos lecteurs pour l’utiliser à bon escient ?
D’abord, ne pas croire à la magie. L’IA est un modèle mathématique pas financier, on ne parle pas à un humain mais à un robot ! Ensuite ne jamais communiquer de données personnelles (son nom, son adresse, son âge…) ; utiliser des LLM « fermés » c’est-à-dire sécurisés par un établissement financier connu et ne pas aller dans des moteurs de recherche public qui sont une boîte noire comme je le disais ; enfin, toujours garder un regard humain : l’IA est un outil mais ce n’est pas à elle de décider à votre place.




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