“tous capitalistes”
- Cercle des Épargnants

- il y a 2 jours
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Vous avez publié un rapport “tous capitalistes”, destiné à promouvoir une refonte de la fiscalité du capital. Pourquoi est-ce important de parler du capital à l’orée de la campagne présidentielle 2027 ?
C’est notamment pour lancer la réflexion sur la soutenabilité de notre modèle social, au regard de l’évolution inexorable de notre démographie. Comment financer un système de retraite par répartition difficilement tenable et qui fait peser un poids très lourd sur les actifs, avec des prélèvements qui pèsent sur les revenus du travail en particulier, qui désincitent à la production, au travail, qui font fuir nos talents, et qui, donc, au total, sont néfastes au bon fonctionnement de l’économie ? La protection sociale ne peut plus dépendre que de l’Etat. Avec « tous capitalistes », nous souhaitons défendre une capitalisation libre, individuelle, pour tout le monde ! Nous proposons une réforme de la fiscalité au bénéfice des classes moyennes et populaires, justement pour les inciter à devenir eux aussi des « capitalistes ». Ce faisant, nous voulons sortir de l’opposition stérile entre certains « riches » capitalistes et le reste de la population, plus modeste, qui ne serait pas « capitaliste » au sens où elle n’aurait pas le droit de bénéficier elle aussi de revenus du capital, grâce à leur épargne.
Que proposez-vous en matière de taxation du capital ?
D’abord et avant tout de réduire la fiscalité pesant sur les revenus du capital pour les ménages moyens. C’est ce que sous-tend l’idée de défiscaliser totalement le Plan Epargne Actions (PEA). Cela permettrait de transformer le PEA en un outil d’investissement populaire, totalement défiscalisé. En quelques sortes, il s’agirait de répliquer pour le PEA le mode de fonctionnement du Livret A en ne s’acquittant d’aucune charge sociale sur un placement qui reste plafonné. Cela pourrait inciter les Français à investir en actions dans une enveloppe totalement défiscalisée pour bénéficier pleinement des revenus et des profits générés par cette épargne productive.
Les Français ne sont-ils pas trop frileux pour investir en actions ?
Certes, les Français ont toujours considéré la bourse comme trop risquée. Il y a probablement un manque d’éducation financière derrière cette impression. Mais les choses changent : parmi les jeunes, beaucoup s’informent via YouTube, les réseaux sociaux ou encore les influenceurs qui font ce travail de « pédagogie ».
Toutefois, le vrai sujet réside dans la fiscalité. Aujourd’hui, elle est très favorable aux placements sans risques ou peu risqués, tels que les livrets réglementés, livret A, livret de développement durable, ou encore fonds euros d’assurance vie qui bénéficient de régimes fiscaux favorables. Donc cela flèche l’épargne. Paradoxalement, celui qui prend un risque, avec un Compte-titre ou un PEA, est davantage taxé ! La souplesse d’utilisation de l’enveloppe est un autre frein. Beaucoup de gens se disent : « je ne peux pas mettre trop d’argent sur mon PEA parce je ne peux pas le récupérer tout de suite ». C’est très pénalisant pour les ménages modestes.
Que préconisez-vous pour financer les retraites ?
Il est clair que nous avons atteint un niveau de prélèvements obligatoires trop élevé, en particulier sur le travail, et nous ne pouvons pas financer une capitalisation obligatoire en obligeant les gens à cotiser davantage. Dans ces conditions, je suis opposé à une capitalisation obligatoire. Mais je considère en revanche que chacun doit pouvoir capitaliser, se constituer son propre capital en vue de préparer ses vieux jours, au rythme qu’il souhaite et de la manière qu’il le souhaite, que ce soit en actions, en immobilier ou autre…
La vraie question est comment faire pour alléger le poids de notre système de retraite par répartition qui pèse sur les revenus des travailleurs et leur capacité d’épargne. Je préconise de mettre fin à l’acquisition de nouveaux droits dans le cadre du régime par répartition, tout en honorant les droits acquis jusqu’à présent, et en essayant d’en basculer au maximum le financement par autre chose que les prélèvements sur le travail. Le Medef propose de baisser les cotisations sur le travail par une augmentation de la TVA et de la CSG. Ce sont des pistes intéressantes.
Globalement, l’Etat garantirait une pension minimale, un minimum vieillesse pour les plus âgés, et tout ce qui serait versé aux retraités au-dessus de ce minimum vieillesse sera progressivement issu d’un système par capitalisation. Si nous baissons les prélèvements sur le travail alors cela permettra aux salariés de capitaliser par eux-mêmes au rythme et sur les produits de leur choix.
Comment expliquez-vous que la France affiche un taux d’épargne des seniors aussi élevé ?
Le système de retraites par répartition verse aujourd’hui des pensions en moyenne généreuses au regard des besoins. Lors du passage à la retraite, le patrimoine, les pensions et les autres revenus des retraités leur permettent en moyenne de maintenir leur niveau de consommation tout en conservant une capacité d'épargne. Par ailleurs, les retraités ne souhaitent pas nécessairement augmenter leur niveau de consommation, et veulent conserver une capacité d'épargne par volonté de transmettre ou par crainte pour leurs vieux jours. Or, le besoin de prélever dans son épargne se matérialise rarement, car l’Etat est très présent et les Français considèrent qu’il a vocation à palier tous les risques de la vie.
Il est pourtant étrange de vouloir faire payer par la collectivité le coût de son grand âge. C’est une manière de considérer que parce qu’on a la chance d’avoir vécu jusqu’au point de devenir dépendant, l’État a le devoir de nous prendre en charge au nom de la solidarité nationale plutôt que de pénaliser nos enfants en consommant notre héritage ! Je trouve l’idée d’un financement public de la dépendance totalement injuste car beaucoup de gens meurent avant l’âge d’être dépendants. Un tel choix doit être individuel, non collectif, c’est à chacun d’entre nous qu’il appartient de savoir si on veut financer sa propre dépendance.
Sur les successions, vous proposez un abattement global de 500 000 euros et un taux unique de 20% au-delà pour toutes les successions. C’est audacieux !
Peu de succession en France ont des montants supérieurs à 500 000 euros. Le patrimoine net moyen, en France, est de l’ordre de 200 000 euros par ménage. Donc avec un plafond de 500 000 euros nous protégeons pleinement les petites et moyennes successions. Au-delà de 500 000 euros, on entre dans une succession élevée. 20% de taxe reste un taux marginal acceptable, et il ne réduira pas les recettes fiscales car il s’agira d’une taxation réelle, sans que les patrimoines les plus aisés ne puissent s’en exonérer, car nous souhaitons remettre à plat les dispositifs fiscaux avantageux tels que la Loi Dutreil, les abattements renouvelés tous les 15 ans, ou l’avantage fiscal de l’assurance vie. Mais le changement le plus important, c’est l’uniformisation de la fiscalité quels que soient les héritiers ou donataires. C’est une mesure de justice car la fiscalité privilégie aujourd’hui la transmission en ligne directe, biaise la liberté testamentaire, et pénalise les familles recomposées ou sans descendants directs.
[1] Generation Libre est un think Tank indépendant visant à « défendre les libertés, toutes les libertés », créé par le philosophe Gaspard Koenig




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