Retraites : l’OCDE appelle la France à travailler plus longtemps
- Cercle des Épargnants
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Dans sa nouvelle étude consacrée à la France, l’OCDE alerte sur la trajectoire des finances publiques et remet la question des retraites au cœur du débat. Selon l’organisation, le vieillissement de la population constitue l’un des principaux facteurs de hausse des dépenses publiques et impose de nouvelles réformes pour garantir la soutenabilité du système.
L’OCDE recommande d’abord de reprendre la réforme des retraites de 2023, suspendue dans le cadre du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Cette réforme devait progressivement porter l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans d’ici 2033. Pour l’organisation, il s’agit d’un minimum afin de contenir les dépenses de retraite, qui représentaient 14,1 % du PIB en 2024 et pourraient atteindre 14,2 % d’ici 2045.
Mais l’OCDE va plus loin. Elle invite la France à envisager un relèvement supplémentaire de l’âge légal de départ, afin de le rapprocher de celui des autres pays comparables. L’âge moyen de départ à la retraite s’élève aujourd’hui à 64,7 ans dans les pays de l’OCDE et devrait atteindre 66,4 ans dans les prochaines années. L’organisation propose également d’indexer l’âge de départ sur l’espérance de vie.
Pour cela, le constat démographique est central. Le ratio entre les plus de 65 ans et la population en âge de travailler devrait fortement augmenter dans les prochaines décennies. La France compterait ainsi moins de deux travailleurs par personne âgée de plus de 65 ans en 2050, contre 2,5 aujourd’hui. Cette évolution accroît mécaniquement la pression sur le financement des retraites, de la santé et de la dépendance.
L’OCDE recommande également de mieux répartir l’effort entre actifs et retraités. Parmi les pistes avancées figurent la suppression de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions de retraite, l’alignement progressif de certains taux de CSG entre actifs et retraités, ou encore un ciblage des efforts sur les retraités les plus aisés. L’organisation appelle toutefois à préserver les retraités les plus modestes.
Au-delà des retraites, l’OCDE alerte plus largement sur la dette française. En l’absence d’effort de redressement, la dette publique pourrait atteindre 127 % du PIB en 2030 et dépasser 200 % à l’horizon 2050. Pour l’organisation, la maîtrise des dépenses publiques devient donc un enjeu central de souveraineté financière.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, ces recommandations s’annoncent politiquement sensibles. Elles confirment néanmoins une tendance de fond : avec le vieillissement de la population et la dégradation des comptes publics, la question du financement des retraites devrait rester au centre du débat économique et social.
