Les Normands épargnent, les Franciliens investissent, les Occitans s’inquiètent
- Cercle des Épargnants

- il y a 6 heures
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Le nouveau « Baromètre de l’épargne en France et en régions » réalisé par l’Ifop pour Altaprofits confirme la résilience des Français face à un environnement économique et géopolitique dégradé. Malgré les incertitudes, 81 % d’entre eux déclarent continuer à placer de l’argent sur leurs produits d’épargne. Mais derrière cette stabilité se cache une tendance de fond : la recherche de sécurité progresse d’année en année.
Près de huit épargnants sur dix (79 %) privilégient désormais des placements sans risque, même faiblement rémunérés, tandis que seuls 3 % se tournent vers des produits risqués. Les livrets réglementés demeurent les placements les plus répandus, devant l’assurance vie qui continue néanmoins de gagner du terrain. Plus révélateur encore, 13 % des Français déclarent conserver leur épargne sur leur compte courant, une proportion en hausse de sept points depuis 2024, signe d’un attentisme croissant face aux incertitudes.
Les différences régionales illustrent cette prudence. Les habitants de Normandie figurent parmi ceux qui placent le plus régulièrement de l’argent, tandis que les Franciliens se distinguent par une plus grande appétence pour le risque. Ils sont notamment plus nombreux que la moyenne à détenir un Plan d’Épargne Retraite (PER), un Plan d’Épargne en Actions (PEA) ou des Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI). À l’inverse, les habitants de Provence-Alpes-Côte d’Azur sont les moins nombreux à déclarer épargner chaque mois.
La retraite demeure la principale source de préoccupation. Trois actifs sur quatre anticipent une baisse de leur niveau de vie une fois retraités et sept sur dix reconnaissent ne pas connaître le montant de leur future pension. Pourtant, ils sont désormais 43 % à penser que leurs revenus proviendront exclusivement du système de retraite par répartition, soit une hausse de 15 points en un an. Cette évolution concerne particulièrement les ménages les plus modestes et semble davantage traduire une absence de solution alternative qu’une confiance retrouvée dans le système.
Là encore, les disparités régionales sont marquées. Les actifs d’Occitanie apparaissent comme les plus pessimistes : 84 % s’attendent à une baisse de leur niveau de vie à la retraite, soit neuf points de plus que la moyenne nationale. À l’inverse, les Franciliens se montrent plus confiants et sont plus nombreux à envisager un niveau de vie stable, voire en progression. Dans le Grand Est, les habitants sont les plus favorables à l’idée d’une nouvelle réforme des retraites, tandis que les Normands sont particulièrement nombreux à souhaiter l’abrogation de la réforme de 2023.
Enfin, malgré la dégradation du contexte international et les débats autour du réarmement européen, seuls 30 % des Français se déclarent prêts à investir une partie de leur épargne dans des fonds dédiés au financement de la défense nationale. Les réticences demeurent fortes, qu’elles soient liées au risque, à des considérations éthiques ou à l’idée que ce financement relève avant tout de l’État. Là encore, l’Île-de-France se distingue avec une proportion supérieure à la moyenne de Français prêts à investir dans ce type de produits.
Cette huitième édition du Baromètre de l’épargne met ainsi en évidence une France qui continue d’épargner mais qui privilégie plus que jamais la sécurité, tout en abordant l’avenir de sa retraite avec un pessimisme croissant et des attentes toujours fortes vis-à-vis du système par répartition.




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