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Jeunes, numériques... qui sont les « nouveaux investisseurs » ?

Dernière mise à jour : 5 déc. 2023

Plusieurs sondages récents le laissaient entendre mais cette impression est désormais confortée par une étude économique de poids : la crise sanitaire a suscité des vocations financières chez les Français et se traduit par l’arrivée de « nouveaux » investisseurs. Entre 2020 et 2022, 800 000 nouveaux investisseurs ont ainsi commencé à investir en actions, selon l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). D’une manière générale, « ces nouveaux investisseurs ont tendance à être plus jeunes, à maîtriser le numérique, à ne pas être conscients de tous les risques et frais liés aux investissements en bourse et à être autonomes ».


Tels sont les enseignements d’un rapport publié conjointement par l’AMF et les économistes de l’OCDE baptisée « les nouveaux investisseurs en France : attitudes, connaissances et comportements ».


L’accélération est très nette. Ainsi, depuis 2020, plus de 110 000 personnes de moins de 35 ans ont investi en actions chaque trimestre, en moyenne, contre 38 000 en 2018. Au premier semestre 2023, 40 % des investisseurs particuliers en actions avaient moins de 35 ans, contre 28 % en 2020. En 2023, la part des moins de 25 ans s’établissait à 19 % (contre 8 % en 2020).


Cette vaste étude regorge de données chiffrées sur ces nouveaux investisseurs.


Cryptomonnaies

Quelques-unes sont particulièrement notables :

D’abord, les jeunes se montrent plus intéressés par la finance durable que l’ensemble de la population : 58 % des moins de 35 ans expriment de l’intérêt pour la finance durable contre 32 % des plus de 65 ans. De fait, « la moitié des nouveaux investisseurs en fonds d’investissement durable a moins de 35 ans » relève l’AMF.


Ensuite, les trois quarts des nouveaux investisseurs (76 %) sont détenteurs de plus d'un produit financier. Point important : « la majorité d'entre eux (54 %) investit dans les crypto-actifs, ce qui représente une proportion beaucoup plus élevée que pour les investisseurs traditionnels (25 %). Ce pourcentage atteint même 63 % pour les nouveaux investisseurs âgés de 25 à 34 ans. 11% des nouveaux investisseurs détiennent uniquement des crypto-actifs ».


Graphique, produits financiers détenus par les nouveaux investisseurs

L’étude se consacre enfin largement à la connaissance financière des nouveaux investisseurs. Ces derniers ont donc été invités à répondre à de multiples questions, parmi lesquelles :


  • Une question sur la compréhension de l’inflation et du pouvoir d’achat : « Supposez que le taux de rémunération de votre épargne soit de 5 % par an garanti et que l’inflation soit de 6 % par an. Au bout d’un an, avec cette épargne, d’après vous, serez-vous capable d’acheter ... plus qu’aujourd’hui/exactement comme aujourd’hui/moins qu’aujourd’hui » ;

  • Une question sur la diversification des avoirs : « En général, quand un investisseur répartit son capital sur différents placements financiers, le risque de perdre l’argent ... augmente/diminue/ne change pas » ;

  • Une question à choix vrai/faux sur la relation risque/rendement : « Quand des placements offrent des taux de rendement plus élevés, ils sont probablement plus risqués que des placements offrant des taux de rendement plus faibles » ;

  • Une question à choix vrai/faux sur le rendement passé comme indicateur du rendement futur : « Le rendement passé des actions d’une entreprise est une bonne indication de leur rendement futur » ;

  • Une question à choix vrai/faux sur le cours légal des crypto-actifs : « Les crypto-actifs tels que le bitcoin ont cours légal comme les pièces et les billets de banque » ; et

  • Une question à choix vrai/faux sur les risques liés aux crypto-actifs : « La valeur des crypto-actifs tels que le bitcoin peut fluctuer considérablement, mais il est toujours possible de récupérer le montant initial investi ».


Les réponses à ces questions ne vont vraiment pas de soi, comme le montrent les résultats dans le tableau ci-joint :


Graphique, connaissances des nouveaux investisseurs

En conclusion, expliquent l’AMF et l’OCDE ce rapport « servira de fondement à l’élaboration d’une stratégie d’éducation financière au bénéfice de l’AMF et destinée aux nouveaux investisseurs en France. Il contribuera également à la création de ressources d’éducation financière spécifiquement destinées à ces nouveaux investisseurs ».

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