Vieillissement et patrimoine : la transmission devient un enjeu financier central
- Cercle des Épargnants

- il y a 7 heures
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La question de la transmission du patrimoine reste une source d’inquiétude majeure en Europe. Selon l’Observatoire Cetelem 2026, 69 % des Européens de plus de 60 ans estiment que les taxes sur l’héritage sont trop élevées, un sentiment particulièrement marqué en Belgique et en France, où plus de 8 seniors sur 10 partagent cette opinion.
Cette perception contraste pourtant avec la réalité fiscale française, où la grande majorité des transmissions entre parents et enfants échappent aux droits de succession grâce aux abattements existants. Le débat dépasse donc la seule fiscalité : il traduit surtout une interrogation croissante sur la manière de transmettre efficacement son patrimoine dans un contexte de vieillissement rapide de la population européenne.
L’étude met en évidence l’arrivée d’un transfert massif de richesse entre générations, lié au vieillissement des baby-boomers. Mais ce mouvement s’accompagne d’un changement majeur : les héritages interviennent désormais plus tard, souvent autour de 50 ou 60 ans. À cet âge, les bénéficiaires ont généralement déjà acquis leur logement et stabilisé leur situation professionnelle. La transmission sert alors moins à constituer un patrimoine qu’à en redéfinir l’usage, qu’il s’agisse d’investir, d’aider la génération suivante ou de renforcer sa propre sécurité financière.
Parallèlement, les seniors occupent déjà une place centrale dans les équilibres économiques familiaux. 80% d’entre eux considèrent qu’il est important d’aider leurs descendants, et 68 % participent au moins occasionnellement à certaines dépenses de leurs enfants ou petits-enfants. Cette solidarité financière tend à déplacer une partie de la transmission du patrimoine vers des aides réalisées du vivant.
Dans ce contexte incertain, l’épargne demeure élevée : 56 % des Européens déclarent vouloir augmenter leur épargne, preuve que le réflexe de précaution reste dominant malgré une inflation revenue à des niveaux plus modérés et une amélioration progressive du climat économique.
Ainsi, pour les épargnants, la transmission ne se prépare plus uniquement au moment de la succession. Elle devient un élément structurant de la stratégie patrimoniale, à anticiper en amont afin d’articuler fiscalité, solidarité familiale et gestion de l’épargne dans la durée.


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