Financement des retraites, de la dépendance...3 Français sur 4 craignent des tensions entre jeunes et seniors
- Cercle des Épargnants
- il y a 23 heures
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Le Club Landoy et l’Ifop viennent de publier la deuxième édition du baromètre La France qui vieillit. L’étude met en évidence une prise de conscience croissante des Français face au défi démographique, tout en soulignant les contradictions qui entourent encore le financement du vieillissement de la population.
Premier enseignement : les Français semblent désormais lucides sur la situation démographique du pays. Plus de huit sur dix (83 %) savent qu’il y a aujourd’hui davantage de décès que de naissances en France. Pourtant, près des deux tiers des personnes interrogées (62 %) estiment que le vieillissement de la population reste insuffisamment traité dans le débat public, alors même qu’il conditionne l’avenir des retraites, de la santé et de la dépendance.
Cette lucidité se retrouve également dans le domaine de la santé. Les trois quarts des Français (76 %) considèrent qu’ils devront financer eux-mêmes une part importante de leurs dépenses de santé dans les années à venir. Mais seuls 36 % pensent en avoir réellement les moyens. Un écart qui illustre les inquiétudes grandissantes sur la capacité du système de protection sociale à faire face à l’augmentation des besoins liés à l’âge.
La retraite demeure le sujet le plus emblématique de ce décalage entre constat et aspirations. Si les Français reconnaissent les difficultés financières du système, 55 % ne sont pas d’accord avec l’idée que vivre plus longtemps implique de travailler plus longtemps. L’âge idéal de départ à la retraite reste en moyenne inférieur d’environ cinq ans à l’âge auquel ils pensent effectivement partir.
Pour autant, les positions apparaissent moins figées qu’auparavant. Près de sept Français sur dix (69 %) se déclarent prêts à travailler au-delà de 64 ans si des aménagements de fin de carrière leur sont proposés. Cette ouverture s’accompagne d’une demande de partage des efforts : 64 % des personnes interrogées estiment que le financement du vieillissement doit être supporté à la fois par les actifs et les retraités, et une proportion identique se montre favorable à une contribution accrue des retraités les plus aisés.
Enfin, le vieillissement de la population est perçu comme un enjeu susceptible de fragiliser le pacte entre les générations. Trois quarts des Français redoutent une augmentation des tensions entre jeunes et seniors, un sentiment particulièrement marqué chez les moins de 35 ans. Dans le même temps, une majorité appelle à une répartition plus équilibrée des efforts afin de préserver la cohésion sociale.
