Assurer sa retraite : les lignes bougent
- Valérie Plagnol, Présidente

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par Valérie Plagnol, présidente du Cercle des Épargnants
La retraite par capitalisation, autrement dit les fonds de pension n’ont pas bonne presse en France – comme nombre d’autres pays d’ailleurs.
La retraite par répartition est le fruit d’une longue histoire et d’une grande intention : elle naît dans le souvenir oh combien douloureux de la crise de 1929 et est issue du CNR (Conseil National de la Résistance), lui-même ayant repris des idées du Front Populaire.
Il ne s’agit pas ici de remettre en cause cette avancée sociale qui fut un des socles de la reconstruction et des années de croissance d’après-guerre. Cependant, il y a 80 ans comme aujourd’hui, l’inertie de la démographie est particulièrement puissante; Nombreux ont été ceux dont la retraite fut modeste dans les années 60/70 du fait de carrières modestes, de veuvage sans avoir travaillé etc.
Ces 30 dernières années ont été particulièrement favorables pour les retraités (double salaire, carrières longues, mais également accès à la propriété etc.). L’arrivée des premières cohortes de « baby-boomers », a eu pour effet de réduire le nombre d’actifs supportant les classes de retraités. Ainsi en est-on arrivé à ce lancinant reproche selon lequel les « seniors » d’aujourd’hui « consommeraient » les revenus et la future retraite des « Nicolas ».
Le report de l’âge de la retraite participe évidemment de la nécessité – lorsque la santé le permet – d’élargir la base de la redistribution en maintenant les plus de 60 ans en activité. C’est un mouvement général en Europe et ailleurs.
De même, instiller une dose de capitalisation dans la contribution de chacun à sa propre retraite s’avère être un moyen efficace de contenir le poids des contributions sur la base désormais plus étroite du salariat.
Le baromètre du Cercle des Epargnant que nous réalisons avec l’Institut Ipsos, signalait cette année encore, la progression dans les esprits de l’idée d’adjoindre à la retraite par répartition des « fonds de pension ».
D’autres pays, y ont recouru : c’est le cas notamment de la Suède, au cours d’un processus mené sur plusieurs années. Mais évoquer ce sujet ne revient certainement pas à « bannir » la retraite par répartition ! Au contraire !
Il s’agirait d’instiller une dose de contribution individuelle, suivant des règles de garanties et de prudence à définir, mais assurant aux futurs retraités un revenu complémentaire satisfaisant.
Le PER remplit aujourd’hui cette mission, mais seulement sur la base du volontariat. Pour certains, un tel système ne serait que l’image de la persistances des inégalités. Nous pensons au contraire qu’il serait un bon support pour constituer un pilier complémentaire à une retraite bien mieux répartie pour tous.

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