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Cryptomonnaies, PEA, SCPI, crowdfunding : l'AMF constate une hausse des litiges pour l'épargnant  

Photo du rédacteur: Cercle des Épargnants
Cercle des Épargnants
16 sept.
3 min de lecture

L'Autorité des Marchés Financiers (AMF) a publié son rapport annuel pour l’année 2025. À cette occasion, le médiateur de l’Institution, Rémi Bouchez, a constaté une hausse des saisines par les épargnants de l’AMF avec plus de 3 000 dossiers reçus en 2025. Ces chiffres révèlent une mutation de l’épargne des Français vers des produits plus complexes.  

D’abord, au sujet du Plan d’épargne en actions (PEA), le nombre de contentieux a bondi de près de 150%. Le réel enjeu est celui du transfert de PEA entre différents établissements financiers, lié à la montée en puissance de nouveaux acteurs. De nombreux intermédiaires financiers proposent désormais leur accompagnement en libre prestation de service. Ces nouveaux courtiers, notamment européens proposent souvent des offres à moindre coût, ce qui provoque une migration des investisseurs vers leurs services. Seulement, le transfert de PEA comporte des risques avec parfois des délais, des erreurs administratives ou des difficultés techniques.  

Comme l’explique Rémi Bouchez, certains de ces acteurs n’ont pas toujours les mêmes méthodes que les établissements classiques, « le nouvel établissement choisi peut refuser certains titres détenus dans le PEA, ce qui impose de les vendre avant de transférer le contrat ». 

Le second sujet est que, dans un contexte de ralentissement du marché immobilier et de hausse des taux d’intérêt, les détenteurs de sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) font face à certaines difficultés, avec une progression de 41% des litiges. En cause : l’allongement des délais de retrait des parts, le conseil fourni lors de la souscription. Les épargnants peuvent aussi découvrir à leurs dépens que la liquidité de ces placements n’est pas toujours garantie.  

Le médiateur de l’AMF appelle surtout à la « vigilance » concernant l’achat de parts de SCPI à crédit. Cette méthode pour auto financer l’achat de part, parfois proposée par les sociétés de gestion et les conseillers en investissements financiers, peut être périlleuse si la rémunération du fonds baisse et que les débiteurs doivent rembourser eux-mêmes le prêt. 

Par ailleurs, le financement participatif, ou crowdfunding en anglais, fortement impacté par la crise immobilière, est également sujet aux litiges. Plusieurs projets immobiliers financés par des particuliers ont pris du retard ou bien ont rencontré des difficultés économiques avec des remboursements souvent tardifs (ou une absence de remboursement pour certains investisseurs). Une forte hausse des litiges (93 dossiers en 2025 contre seulement 8 en 2024) a été constatée cette année et plusieurs plateformes de crowdfunding ont d’ailleurs cessé leurs activités ou été vendues. Les rendements potentiellement élevés de ce type de financement sont ainsi à mettre en regard d’un niveau de risque plus important. 

À noter, enfin, du côté des cryptoactifs : le nombre de dossiers reçus a progressé de 38% en 2025, dont un tiers seulement entre dans le champ de compétences du médiateur. Parmi les dossiers irrecevables, plus de la moitié concernent des soupçons d’escroquerie, ce qui invite à maintenir un niveau de prudence élevé pour les investisseurs en cryptoactifs. 

Au-delà de la hausse du nombre de litiges, ce rapport dévoile une réalité bien plus large avec, d’une part, des épargnants qui investissent avec des portefeuilles toujours plus diversifiés et, d’autre part, des produits qui se complexifient de plus en plus. Ainsi, même si un rendement paraît attractif, les questions de liquidité, horizon de placement, risques de perte et solidité de l’intermédiaire doivent rester au cœur des décisions d’investissement. 

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