Vers un nouveau choc pétrolier ?
- Valérie Plagnol, Présidente

- 31 mars
- 3 min de lecture

par Valérie Plagnol, présidente du Cercle des Épargnants
Le déclenchement d’attaques conjointes des Etats-Unis et d’Israël à l’encontre de l’Iran le 28 février dernier, a immédiatement entraîné une hausse des prix du pétrole. Ainsi l’indice de référence du Brent, a rapidement approché puis dépassé les 100$/baril, un niveau plus revu depuis le rebond post-covid de 2022 et surtout l’emballement qui avait précédé la crise de 2008. La surprise de la riposte iranienne, en visant les pays voisins de la région, puis la menace de fermeture du détroit d’Ormuz, a également précipité l’envolée des prix du gaz naturel, en provenance notamment du Quatar.
L’Asie, et plus particulièrement la Chine et l’Inde, sont les principaux clients de la région. A la panique des populations locales et la paralysie du trafic aérien et maritime de la région, a succédé la crainte d’une interruption durable des livraisons d’énergie, à mesure que les destructions et le blocus s’intensifiaient. Au moment où nous écrivons, l’Iran et les Etats-Unis pourraient engager des négociations.
A ce stade, la durée comme l’issue de la crise restent pour le moins incertaines et conditionnent la normalisation des prix des énergies en cause. Faut-il pour autant s’inquiéter ? Frédéric Gonand, professeur d'économie à l'Université Paris Dauphine-PSL dans l’interview qu’il nous a accordée, dresse un état des lieux quant à l’évolution des prix du pétrole et du gaz comme de l’importance que représente le détroit d’Ormuz dans le transit d’autres matières premières, pour ne citer que celles-là. Le risque de pénurie n’est pas immédiat, sauf si le conflit devait durer au-delà des 4 à 6 semaines envisagées par de nombreux experts. De même une menace persistante sur le détroit et une réduction significative du trafic maritime pèseraient durablement sur les prix de l’énergie. Or, même si l’Europe est moins directement concernée par les approvisionnements en provenance du Moyen Orient, les prix sont mondiaux et se répercutent globalement.
Si la France subit comme tous la hausse des prix du pétrole, rappelons que :
- Contrairement aux chocs des années 70, celui-ci n’est plus utilisé pour nous fournir de l’électricité ;
- De même, nous sommes moins dépendants que nos voisins du gaz naturel, du fait de la part majoritaire de notre production nucléaire et hydroélectrique dans notre mix énergétique ;
- Enfin, comme dans tout l’hémisphère nord, l’arrivée du printemps réduit nos besoins immédiats en gaz, tandis que la campagne de remplissage des stocks pour l’hiver prochain débutera en avril.
Il n’empêche, l’industrie devrait particulièrement souffrir de ces hausses de prix. Seront-elles intégralement transférées dans les prix finaux ? Cela dépendra de la durée du conflit comme de l’importance de la demande finale. D’ores et déjà, on peut retirer quelques points de croissance aux estimations faites, ce qui laisse peu de marge dans une Europe aux perspectives très modestes. Plus encore, la crise actuelle devrait nous inciter à poursuivre nos efforts en direction de la transition énergétique. Le hausse des prix des énergies fossiles est une incitation à se tourner vers des énergies désormais plus rentables, produites sur notre sol. La réponse de l’Europe à ces bouleversements ne peut être que structurelle et donc de plus longue haleine. Mais il serait regrettable de reculer sur le chemin que nous avons pris.
Comme chaque année, vous avez ou allez recevoir vos états de situation. C’est l’occasion de faire le point sur votre situation patrimoniale, votre épargne, vos projets. Profitez-en !

In spite of the fact that the stakes in real life are obviously far higher, the fundamental concept of responding to slope 2 quick change is something that I am fairly familiar with.
when I reflect on this, I draw a comparison to my experience in the EaglerCraft Game, where sudden events can completely shift the environment and force me to adapt quickly. I’ve noticed that just like in the game, unexpected disruptions require strategic thinking and flexibility to navigate uncertain situations. While the stakes in real life are obviously much higher, the underlying idea of reacting to rapid change feels somewhat familiar to me.