C’est peu de dire que les années se suivent et ne se ressemblent pas. La pandémie qui a nous a frappé cette année, la première de ce XXIème siècle, nous rappelé à nos fragilités, à nos chagrins et à nos peurs.

Bien qu’on ne puisse pas encore la déclarée vaincue, loin s’en faut, nous aimerions bien pouvoir parler de la Covid-19 au passé. Le déploiement imminent et à grande échelle des vaccins anti-Covid, témoigne de l’ampleur des moyens mobilisés au service de la mise au point de ces antidotes dans des délais record. Paradoxalement, dans notre monde issu du progrès de la science et de moins en moins tolérant aux aléas de la nature, la méfiance et les réticences à la vaccination sont en augmentation dans nombres de nos sociétés. Selon un sondage publié par la World Economic Forum[1], une proportion grandissante de la population – notamment en France, en Espagne, ou encore en Italie et aux Etats-Unis – rechigne à se faire vacciner. Partout, le manque de recul sur les essais clinique est cité comme la cause de ces réticences, par crainte d’effets secondaires importants.

Quoiqu’il en soit, il faudra encore patienter avant d’espérer tourner la page. Pour qu’une immunité générale soit atteinte, il faudra en effet qu’au moins 50% à 60% de la population soit vaccinée, ce qui, selon les experts, pourrait prendre plusieurs mois.

Parler au passé de la pandémie, c’est tenter d’en tirer quelques constats et leçons. 191 pays ont été touchés – soit la quasi-totalité du monde, bien qu’à des degrés divers. Les mesures de restrictions d’activité – elles aussi mises en œuvre avec des intensités variables – ont été le lot de tous. Bien sûr les grandes épidémies du passé fermaient les portes des villes du Moyen Age. En 1720 encore, c’est toute la Provence qui fut isolée par l’armée du Roi du reste du pays. Mais, depuis le début de l’ère industrielle, c’est une première ! Ce ne fut certainement pas le cas lors de la grande grippe espagnole, ni, plus près de nous lors de la pandémie de grippe asiatique (1956 – 1958) ou de celle de Hong-Kong (1968 – 1970), qui ne laissèrent que peu de traces dans les médias ou nos mémoires.

La réaction des Etats à la pandémie de la Covid-19, révèle la crainte d’une vague de mortalités trop importante pour être tolérée par les populations. Tel le négatif du photographe, les interruptions d’activité provoquées par les confinements, ont révélé l’ampleur de l’imbrication et de la sophistication de nos économies. Les outils digitaux nous ont permis de prendre, en temps réel, la mesure de la baisse de nos activités durant ces périodes.

Face au virus, la tentation du repli sur soi s’est accentuée : fermeture des frontières et arrêt des déplacement pour bloquer la propagation. Fermetures de lieux de rassemblement, limitation des regroupements privés ou publics en tous genres ; fermeture des commerces etc.  Le besoin de repli sur soi s’est étendu à ses propres forces de production afin de parer les risques de pénuries. Au-delà de l’urgence, les notions de relocalisation, de circuit court, de réalignement et de maîtrise des chaînes de valeur ont fait florès.

A bien des égards, la pandémie a servi de révélateur comme d’accélérateur. Révélateur de nos faiblesses comme de nos forces : dans le premier cas, on examinera l’état de préparation des infrastructures publiques sanitaires face à la pandémie, comme le degré de préparation et d’organisation en matière de gestion de crise. De le second, et pour ne citer que l’Europe, on peut mettre en avant la formidable mobilisation économique des gouvernements face aux conséquences de la fermeture de nombre d’activités, la coordination et le surcroît de solidarité au niveau de l’Union Européenne, tant du côté de l’intervention de la Banque Centrale Européenne, que par l’adoption d’un plan de relance commun et la mobilisation de la Commission Européenne sur les questions de communication et de solidarité – plan SURE pour l’emploi partiel – et de coordination – organisation des procédures de déplacements aériens et de transports de marchandises à travers l’Union.

La pandémie est aussi un accélérateur : la transformation digitale a reçu un véritable coup de fouet. Toutes en enquêtes signalent l’adoption croissante des outils digitaux par les générations jusque-là plus réticentes. Est-ce pour autant la disparition du commerce physique ? Du tourisme ? Pas du tout, au contraire dirait-on ! L’envie de s’évader et de se retrouver ont été exacerbées. Mais il clair que le commerce comme le tourisme vont devoir se réinventer et s’adapter aux nouvelles attentes des consommateurs, prendre en compte leur demande de traçage des produits, de mesure de l’empreinte écologique de leur action.

Avec 2021, nous ne pourrons pas tout à fait tourner la page de la Covid et encore moins des conséquences économiques du confinement. L’aspiration au retour à la normale nous fera revenir à certaines habitudes passées, mais il serait illusoire de penser que tout sera tout à fait « comme avant ».

 

L’équipe du Cercle des Epargnants, son Conseil d’Administration, se joignent à moi pour vous souhaiter de très bonnes fêtes de fin d’année.

 

[1] https://fr.weforum.org/press/2020/11/une-hausse-de-la-reticence-a-legard-des-vaccins-menace-les-progres-face-a-la-covid-19-selon-une-etude

 

rieures à la pandémie ne sont pas sans fondement. Reste à trouver et encourager le redéploiement d’une activité qui se doit de combiner les aspirations du plus grand nombre, l’intérêt économique qu’il représente avec les préoccupations de développement responsable et de bonne gouvernance.


 

 

.