Chers adhérents, chers lecteurs,

L’élection présidentielle passée, nous nous tournons vers les échéances législatives des 12 et 19 juin prochains, laissant la France dans une nouvelle phase d’attentisme, qui se prolongera jusqu’au début de l’été.
L’arrivée des beaux jours et des vacances de printemps ont permis à beaucoup de s’échapper et le regain de l’activité touristique est nettement perceptible depuis cet hiver, signalant également le retour des touristes étrangers – en provenance d’Europe d’abord.
Pourtant, les contrastes économiques et politiques ne manquent pas :
A l’issue de leur réunion de printemps, le FMI et la Banque Mondiale se montrent toujours plus inquiètes sur les perspectives d’activité mondiale, qu’elles revoient à la baisse, tandis que les pressions inflationnistes pourraient durer plus longtemps et affecter les revenus plus durement que prévu. Ainsi, les Banques Centrales anglaise et américaine ont entamé un cycle de resserrement monétaire. Alors que les signaux d’atterrissage apparaissent, comme en témoigne le repli des marchés boursiers, les tensions sur le marché du travail persistent, le taux de chômage étant au plus bas depuis plusieurs années. De même, alors que nous retrouvons une « vie normale » et que la dernière vague d’Omicron reflue en Europe et aux Etats-Unis, la Chine se re-confine et s’en tient strictement à sa « politique zero-covid », provoquant de nouvelles tensions sur l’activité et les chaînes de production.
Enfin, les retrouvailles familiales de l’après-pandémie, la liberté retrouvée, contrastent tragiquement avec la poursuite de la guerre en Ukraine et l’afflux massif des réfugiés (estimés à plus de 5 millions de personnes), tandis que les combats se concentrent dans l’Est du pays et que les pays clients du gaz et du pétrole russe, envisagent l’embargo.
La hausse des prix entraîne la correction des marchés obligataires. Le 1er mai, le salaire minimum a été relevé ; en revanche, le taux du Livret A est resté inchangé. Pour la première fois depuis de nombreuses années, l’inflation redevient la première préoccupation des ménages. C’est clairement ce phénomène-là qui sera l’indicateur le plus important à surveiller, ces prochains mois, pour les épargnants.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chers adhérents, chers lecteurs,

A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, l’actualité reste dominée par la guerre en Ukraine, sa tragédie humaine (plus de 3 millions de personnes déplacées comptabilisées), et ses répercussions géostratégiques et économiques.
Nous revenons sur ces deux évènements, national et international, dans notre lettre d’avril en évoquant les questions économiques et financières, comme les propositions des candidats à l’élection présidentielle en matière de retraite.
Les conséquences du boycott économique imposé à la Russie se font durement sentir sur l’économie du pays. Les répercussions de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières sont de plus en plus perceptibles, et se traduisent par une augmentation de l’inflation finale, ramenant la question du pouvoir d’achat au cœur des questions économiques de la campagne présidentielle. La résurgence de la Covid en Asie, notamment en Chine, présage également de nouvelles perturbations des chaînes de production et logistiques. Hausse des prix, volonté de s’affranchir de la dépendance russe, les pays membres de l’UE se sont entendus sur un certain nombre de mesures allant de l’organisation d’achats groupés de gaz, des accords de fournitures en provenance des Etats-Unis et du Moyen Orient, l’assouplissement des règles d’aides publiques nationales, visant à contenir les hausses de prix pour les ménages.
Le printemps lance traditionnellement la période de remplissage des stocks de gaz pour l’hiver prochain. A ce jour, les pays membres de l’UE continuent d’être alimentés par les gazoducs de l’Est. Cependant, l’envolée des prix renchérit considérablement les coûts d’approvisionnement, et par voie de conséquence les prix de fourniture pour l’hiver prochain. A court terme, la réduction progressive des achats en provenance de Russie, telle que demandée et étudiée au niveau européen, devra s’accompagner du renforcement des mesures d’économies d’énergie dans tous les secteurs. Par ailleurs, la poursuite du conflit en cette saison des semailles et du fait de l’embargo sur la Russie et l’arrêt quasi complet du trafic maritime de mer Noire, font craindre pour l’alimentation des pays les plus dépendants du blé russe et ukrainien (30% des exportations mondiales), mais également le tournesol, l’orge etc. L’Europe devrait s’engager dans un plan d’aide d’urgence aux pays les plus démunis.
L’arrivée du printemps et des beaux jours dont nous avons profité ici, s’il a permis d’éviter de trop puiser dans nos réserves de chauffage, ne suffit pas à lever tous les nuages qui pèsent désormais sur l’activité.

[1] En référence à la pièce de Samuel Beckett (1961), emblématique du mouvement littéraire du « théâtre de l’absurde ».