L’Astuce

Gare aux arnaques aux rendements garantis en période d’inflation !

par | Sep 8, 2022 | Actualités, Astuce

C’est un peu le principe élémentaire de toute épargnant : bien savoir distinguer le rendement nominal de ses actifs de leur rendement réel. Le premier correspond au taux auquel est rémunérée l’épargne, servi par le produit détenu. Le rendement réel, pour sa part, est le taux nominal déduit de l’inflation. Il correspond à ce que rapporte effectivement le placement, rapporté au potentiel de pouvoir d’achat qu’il offre. 

Cette distinction gagne en importance en période de forte inflation brouillant l’appréciation du rendement réél. Une situation propice aux arnaques en tous genres prévient l’Autorité des Marchés financiers dans une récente note, notamment dans le cas particulier des placements garantis. Le gendarme de la Bourse est très clair : « la rémunération des placements garantis était peu élevée ces dernières années. Et l’augmentation récente de l’inflation est venue réduire un peu plus le rendement réel de ces placements. Cependant, l’idée qu’il est encore possible d’obtenir à coup sûr des rendements élevés, et même supérieurs à l’inflation, reste répandue. Méfiance, car les escrocs ne sont pas loin ! ».
  
Il est donc important dans ce contexte de garder en tête quelques repères sur les rendements « raisonnables » proposés par les différents produits d’épargne. 
 

L’épargne de précaution – principalement logée dans les Livret A ou le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) –  offre depuis le 1er août et la revalorisation des taux une rémunération nette d’impôt de 2% par an. Le livret d’épargne populaire (LEP), accessible aux personnes aux revenus modestes, offre pour sa part désormais 4,6% par an. Attention donc, prévient l’AMF : « Il n’existe pas de rendement élevé garanti : toute proposition d’une rémunération plus élevée sur un placement qui serait garanti et disponible cache un risque… ou une arnaque ».
 
De l’autre côté du spectre, pour un projet d’épargne sur le long terme (supérieur à dix ans), la prise de risque peut être plus élevée et le rendement proposé également plus intéressant. Une partie de l’épargne peut ainsi être placée en bourse. « Historiquement, un placement diversifié en actions sur 15-20 ans a procuré en moyenne 5 à 7% de rendement par an », rappelle l’AMF. 
 
Que l’on souhaite privilégier une épargne de précaution ou que l’on soit prêt à une épargne de long terme, dans un cas comme dans l’autre tout rendement garanti qui serait proposé à des niveaux très supérieurs à ceux rappelés par l’AMF doivent donc être pris avec la plus extrême prudence.

M