L’Astuce

Le grand chantier de la réforme des retraites et de la santé est lancé

par | Avr 17, 2018 | Actualités

Montée des tensions géopolitiques et commerciales sous les multiples déclarations et tweets du Président Trump, un climat social national sous tension (grève à la SNCF, occupation d’universités, évacuation de Notre Dame Des Landes), l’actualité est riche en événements sensationnels. Ce sont des annonces portant sur les trois piliers de la protection sociale française (Retraites, Santé et Dépendance) qui ont retenu notre attention.

Retraites, santé et dépendance, les trois principaux postes des dépenses sociales représentent 25,9 points de notre Produit Intérieur Brut (PIB) en 2016, soit un peu moins de 600 milliards d’euros. Ce niveau est colossal, supérieur aux niveaux de nos voisins et autres pays membres de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques. Notre système de protection sociale, largement déficitaire depuis des années (sécurité sociale), est extrêmement sensible à la conjoncture économique. Ainsi, grâce à l’amélioration de l’activité économique, les recettes de la protection sociale ont augmenté et les comptes de la sécurité sociale se sont mécaniquement améliorés. Seule la branche maladie reste déficitaire, mais celui-ci tend à se réduire. Nous voyons aussi que la conjoncture ne suffit plus à rétablir durablement les comptes. Des tendances structurelles sont à l’œuvre, principalement le vieillissement de la population qui accroit mécaniquement et simultanément les dépenses de retraite, de santé et de dépendance.

Après quelques retards par rapport au calendrier initialement prévu, Jean-Paul Delevoye, Haut-Commissaire chargé de la réforme des retraites, va pouvoir lancer la consultation qu’il a préparée avec pour objectif d’aboutir à un texte de loi d’ici la fin du premier semestre 2019.

Lors de ses interviews télévisées de la semaine passée, le Président de la République est revenu sur les questions de retraite et de santé. Certains points ont été précisés, d’autres continuent de faire débat :

  • Sur l’augmentation de la CSG pour les retraites, les sondages, indiquent qu’une majorité de français n’a pas été convaincue par la démarche du Président.
  • Sur la dépense hospitalière et la réforme du parcours de santé, M. Macron a mis en avant le parcours de soin au bénéfice du paiement à l’acte. L’idée est de basculer pour des pathologies ou maladies chroniques dans un parcours où les professionnels de ville ou de l’hôpital seraient davantage désignés et où on peut imaginer que la rémunération serait alors partagée.
  • Enfin le Président Macron a insisté sur le déploiement d’une quatrième branche qu’est la dépendance.

La dépendance représente déjà 30 milliards d’euros de dépenses par an (2014), soit 1,4 point de PIB, dont les 4/5ème sont financés par les pouvoirs publics. La Ministre des Solidarités et de la Santé a annoncé une stratégie nationale d’ici la fin de l’année. Il faut dire que le « reste à charge », ce que les familles doivent payer « de leur poche » atteint 6,5 milliards d’euros. Rapporté à l’ensemble de la population c’est peu, mais ce reste à charge avoisinerait les 1.700 euros par mois en moyenne, ce qui représente une somme importante à l’échelle des individus et ménages concernés. D’après les travaux du ministère de la Santé, la facture devrait passer de 1,4 points de PIB à 2,78 d’ici 2060.

Comme le confirme notre enquête annuelle les Français sont de plus en plus inquiets quant à la pérennité de notre système de retraites. En 2018, 84% se disent inquiets pour le système dans son ensemble. Plus de transparence et de lisibilité dans les systèmes de retraite, une réorganisation du financement de la dépendance sont autant d’intentions qui méritent d’être saluées. Leur effet à long terme ne garantit pas que ce gouvernement en tire les bénéfices.

M