L’Astuce

Pourquoi les Français épargnent-ils autant ?!

par | Août 30, 2016 | Actualités

L’épargne des Français représente une somme colossale, proche des 4460 milliards d’euros, en hausse de +200 milliards sur un an. Mais, alors que notre économie a plus que jamais besoin de croissance, les observateurs se demandent pourquoi les ménages épargnent autant ? Ce comportement peut en effet peser négativement sur la consommation. La France offre une protection sociale importante, ce qui signifie que la collectivité pare aux éventuels accidents de la vie, le besoin d’épargne de précaution devrait normalement diminuer d’autant, ce n’est pas le cas.

Sommes-nous incohérents ?

Le Livret A rapporte « seulement » 0,75%, mais il attire de nouveau en 2016. En juillet, il enregistre 630 millions d’euros de collecte positive. Cela représente 970 millions d’euros depuis le début de l’année (cinq mois consécutifs positifs), contre une décollecte de plus de 3,4 milliards d’euros sur la même période l’année dernière. Le PEL est passé de 2,5% à 1%, perdant très nettement de son rendement, mais, à chaque annonce de baisse, il a suscité un engouement très fort et une collecte massive, histoire de « garder » ces nouveaux taux. Ils sont effectivement de plus en plus bas, mais les Français continuent d’alimenter les livrets et autres assurances-vie (11,8 milliards d’euros de collecte nette au premier semestre).

Notre comportement d’épargne trouve peut-être une réponse dans la pression fiscale exercée dans notre pays. Selon l’Institut Molinari, la France est devenue le pays où les salariés sont les plus taxés d’Europe. Désormais, la fiscalité sur les salaires représente un niveau de taxation de 57,5 %. La France qui était jusqu’alors seconde de ce classement (sur les 28 pays européens), se retrouve première. On estime, selon les travaux de l’Institut et du cabinet EY, que le « jour de libération fiscale » en France se situe le 29 juillet. Avant cette date, un Français travaille pour financer les dépenses publiques.

Pour calculer ce jour et niveau, l’Institut prend en compte les impôts ou charges supportées directement mais aussi indirectement. Nous parlons précisément des charges sociales patronales, salariales, l’impôt sur le revenu et la Taxe sur la Valeur Ajoutée. Même si le salarié ne paye pas les charges patronales, l’étude l’intègre et se justifie de la manière suivante : elles sont prélevées au « titre du travail effectué par le salarié », et viennent au final amputer son pouvoir d’achat réel. Il s’agit là d’un indicateur qui peut toujours être contesté, il en reste néanmoins que la France occupe la première place, tout un symbole.

La fiscalité enflamme les débats, citoyens et experts ne cessent d’en débattre. Les politiques eux-mêmes – en cette période de rentrée politique – investissent très largement le champ. La fiscalité sera au centre des débats lors de la prochaine élection présidentielle. Cela a déjà commencé. Les candidats de la Droite et du Centre prônent tous une révolution fiscale. L’ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, va jusqu’à présenter dans son préprogramme une réforme de la fiscalité liée à l’épargne : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, revenus fonciers, etc… L’exécutif a également fait récemment des propositions ou déclarations sur le sujet, nous pensons à la poursuite de la « baisse » de l’impôt sur le revenu notamment, ou à l’impôt sur les sociétés.

Il s’agit ici d’annonces de candidats. Seront-elles appliquées au lendemain de l’élection présidentielle, dans quelle proportion ? Nous verrons. En attendant, les Français doivent composer avec une fiscalité importante. Ils constatent également, année après année, que les dépenses publiques, les déficits publics et la dette publique, s’accumulent. Ce qui signifie toujours plus d’impôts en perspective, car il faudra bien payer tôt ou tard. C’est le calcul que font les Français, ils épargnent en conséquence.

 

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