L’Astuce

Comprendre notre environnement économique pour mieux épargner

par | Juin 7, 2016 | Actualités

Les bouleversements macro-économiques en cours ont modifié les codes établis depuis des décennies. Si bien que bon nombre d’épargnants ne s’y retrouvent plus. Certains ont donc décidé de patienter, pensant que la situation est conjoncturelle. Or il n’en est rien. C’est ce que rappelle une étude récente du cabinet McKinsey. Selon ce dernier, nous avons vécu une période d’âge d’or de 30 années. Une période qu’ils jugent même anormale. Ainsi, à titre d’exemple, les actions américaines entre 1984 et 2014 ont rapporté 7,9% en moyenne, 1,4 point de plus que sur un siècle. Idem pour les valeurs européennes : elles ont généré 7,9 % de rendement moyen sur 30 ans, 3 points de mieux que sur 100 ans. Cette période exceptionnelle est révolue. Les caractéristiques de marché avec lesquelles nous devons composer n’ont donc rien de conjoncturel. Il s’agit d’une nouvelle donne. Comment s’y adapter ?

Nul ne peut le contester : les niveaux de rendements servis pendant ces décennies sont élevés. Mais la comparaison entre ces deux périodes ne peut se juger en fonction des seuls taux d’intérêt nominaux. Il convient donc de prendre en compte les niveaux d’inflation observés par le passé pour apprécier la situation. Car l’une des caractéristiques de notre époque est l’absence d’inflation. Ainsi, même à moyen terme, elle engendre des modifications significatives. Si on compare le rendement moyen observé des assurances-vie entre 2014 et 2011, 2,5 % contre 3 %, on s’aperçoit que l’année 2014 bien qu’offrant un taux nominal plus faible est plus intéressante pour l’épargnant en termes réels. La raison est due à l’inflation. En 2014, elle s’inscrit à 0,5 %, contre 2,1 % en 2011. Le rendement réel monte, même si le rendement nominal baisse. Ainsi en 2011 : 3 % – 2,1 % = 0,9 % et en 2014 : 2.5 % – 0,5 % = 2 %. 2 points c’est toujours mieux que 0,9 point ! De la même manière, même si les rendements du Livret A sont peu attirants en apparence, ils demeurent net d’impôts – en période d’imposition élevée ce n’est pas rien – si bien qu’il sera toujours plus intéressant de placer son argent sur ces derniers plutôt que de le laisser sur son compte courant. Un comportement qui a pourtant tendance à s’étendre chez les épargnants, ces derniers mois. Notons cependant que le livret A enregistre un deuxième mois d’affilée de collecte au mois d’avril. Ce qui pourrait signifier que la rationalité est de retour.

Dans ce contexte, l’assurance-vie poursuit sa dynamique, à savoir 12 milliards de cotisations par mois depuis le début d’année, dont 19 % d’unités de compte. C’est le placement qui répond actuellement le mieux aux attentes des Français. Les rendements de l’assurance-vie, en cette période d’absence d’inflation, sont de loin, pour un produit sûr, les plus élevés. Si bien que certaines autorités appellent « les organismes à la prudence dans la fixation des taux de revalorisation de leurs contrats d’assurance-vie ». C’est ce que le Gouverneur de la Banque de France rappelait – encore – dans un discours du 23 mai dernier (présentation du rapport d’activité de l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution). Le rendement des assurances-vie est en effet de 2,3 % en 2015, avec une inflation nulle. Cela signifie que, même lorsque le taux diminue (entre 2014 et 2015), le produit est plus intéressant. Ce qui contraint les assureurs à réaliser une performance forte, ce qui explique le message des autorités en termes de gestion des risques, et qui justifie l’engouement actuel des épargnants pour le produit.

La période n’est pas plus compliquée, elle est moins claire. Elle nécessite de la prise d’informations, et de la patience. Les taux d’intérêts sont plus faibles, mais pas inintéressants du tout, en prenant en compte l’inflation. En considérant en plus le taux d’imposition des ménages, il existe de véritables opportunités, à travers des produits d’épargne à avantage fiscal (PERP, Madelin, etc…) Une chose est sûre, l’épargne de demain s’inscrit dans le long terme.

 

Sur le même thème :

M