L’Astuce

Livret A : 6ème mois consécutif de décollecte

par | Oct 27, 2015 | Actualités

Les chiffres de septembre viennent d’être publiés par la Caisse des dépôts, le Livret A subit une nouvelle (importante) décollecte de 2,38 milliards d’euros. Le mois dernier, les épargnants français ont retiré plus d’argent qu’ils n’en ont déposé pour alimenter leur Livret A. Sans surprise le Livret de développement durable (LDD) subit le même sort, avec 870 millions d’euros de décollecte.
Traditionnellement le mois de septembre n’est pas un bon mois pour le Livret A. Septembre c’est en effet la rentrée des classes avec les dépenses qu’elle occasionne (c’est une constante). Et puis, de manière de plus en plus prononcée année après année, c’est le poids du paiement des impôts dans le budget des ménages. Ainsi, septembre 2014 enregistrait déjà une décollecte, à un niveau quasi semblable, puisqu’elle était l’année dernière de -2,37 milliards d’euros.
6ème mois consécutif de décollecte, sur l’année c’est même une décollecte nette de 6,21 milliards d’euros (1,18 milliard d’euros pour le LDD), c’est dire le poids du résultat de septembre : près de 40 %. A noter également que la décollecte pour 2015 avec ce résultat est d’ores et déjà supérieure à la décollecte observée en 2014, puisque cette dernière est de 6,13 milliards d’euros.
Lorsque l’on parle de 6 mois consécutifs de décollecte, c’est même plus. En dehors d’un mois de mars 2015 positif (+0,11 milliards d’euros), c’est une série négative de 11 mois sur 12. Ce résultat s’inscrit donc dans une dynamique négative de plus long terme.
Comment comprendre ces chiffres ?
D’abord, nous l’avons dit, septembre est un mois traditionnellement compliqué pour les ménages français en raison des dépenses de rentrée, mais surtout de plus en plus du paiement des impôts. Une pression fiscale que bon nombre de Français n’avaient pas anticipée, ou ont tout simplement, pour des raisons budgétaires, de plus en plus de mal à supporter. Pour payer l’impôt, beaucoup doivent ainsi puiser dans leur épargne. Les conditions d’entrée et de sortie sur le Livret A étant extrêmement faciles (et gratuites), c’est tout naturellement là que les ménages vont chercher en priorité.
Ensuite, la rémunération du Livret a diminué. Rappelons que depuis le 1er août 2015 la rémunération du Livret A est fixée à 0,75%, ce qui constitue un plus bas historique. Par conséquent, la dynamique d’alimentation des Livrets se trouve ralentie. Un taux inférieur à 1% peut avoir l’effet de seuil psychologique dans le comportement des épargnants. Un taux qui souffre de la comparaison avec les 2,5% de rendement observés pour les assurances-vie (fonds en euros) en 2014 ou les 2% des Plans Epargne Logement. Même si dans les faits, en raison de la très faible inflation, et des conditions fiscales propres au Livret A, le produit reste toujours intéressant.
Enfin, concernant la Caisse des Dépôts, qui utilise cet argent pour financer le logement social et la politique de la ville, la situation n’est pas alarmante. Rappelons que la Caisse des Dépôts utilise en moyenne 60% de cette épargne seulement pour financer ses prêts.
Relativisons donc : le Livret A n’est pas encore épuisé. Loin s’en faut. Pour 2014, le montant total des Livrets A représentait encore 252,2 milliards d’euros, soit quasiment le PIB du Danemark pour la même année (257,8 milliards d’euros). Et c’est même 357,8 milliards d’euros lorsque l’on additionne Livret A et LDD. Le livret A même boudé demeure l’un des produits préférés des Français.

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