L’Astuce

"Espérance de Vie, santé et durée de retraite" à l'ordre du jour de la réunion du COR cette semaine

par | Mar 27, 2014 | Actualités

Le Conseil d’Orientation des Retraites s’est réuni mercredi 26 mars pour plancher sur l’espérance de vie ou plutôt les espérances de vie et leurs incidences sur la durée de retraite. En prévision du prochain rapport annuel du COR sur le système des retraites dont la parution est attendue avant la mi-juin, cette réunion s’intéresse aux différentes notions d’espérance de vie et d’espérance de vie en bonne santé en prenant à la fois en compte les évolutions constatées sur plusieurs générations d’une part et les  disparités qui peuvent exister entre les hommes et les femmes ainsi que les écarts observés entre catégories professionnelles d’autre part.
Après des éléments d’explications d’ordre méthodologiques, mettant notamment en évidence la difficulté d’estimer l’espérance de vie de chaque génération, le COR présente  les principales évolutions constatée au fil des générations et les projections réalisées à la suite d’une mise en persective historique des évolutions constatées durant les XIXe et XXe siècles dans différents pays. Ainsi se dégagent plusieurs révolutions santiaires  sur la période considérée entrainant des gains d’espérance de vie et plus récemment une baisse de la mortalité aux âges élevés. Entre la génération 1950 et la génération 1990 les gains d’espérance de vie à 60 ans seraient, à partir des hypothèses retenues, compris entre 2 et 6 années.
De fait le COR met en relation ces évolutions et les réformes successives intervenues depuis 2003 visant à corréler gains d’espérance de vie et âge de départ à la retraite et estime qu’en l’absence de réforme plus des trois quarts des gains d’espérance de vie à 60 ans se seraient traduits par des gains de durée de retraite. Ainsi ces réformes auraient permis de stabiliser la durée de retraite entre les génération ( avec une variation de plus ou moins 5 % par rapport à la moyenne de l’ensemble des générations).
Quant à la comparaison entre les sexes et les catégories socioprofessionnelles, le COR, reprenant les travaux de la DREES, constate dans un premier temps de plus fortes variations entre les différentes catégories sociales parmi les hommes que parmi les femmes, en terme d’espérance de vie.  De plus un certain nombre de facteurs tels que la situation sur le marché du travail, la situation conjugale et familiale contribuent à creuser les écarts.
Quand on met en parallèle, espérance de vie et durée de retraite, les chercheurs ont démontré que l’âge d’entrée dans la vie active et la durée de carrière avaient une incidence sur l’espérance de vie ( près d’un an d’écart d’espérance de vie entre un retraité ayant été travailleur précoce et ayant travaillé plus de 40 ans et un retraité entré dans la vie active à 20 ans et ayans travaillé 40 ans).
Par ailleurs une série de travaux sur la notion d’espérance de vie en bonne santé (EVBS), ou d’espérance de vie sans incapacité (EVSI) a permis, à travers l’usage de plusieurs indicateurs, de calculer la durée espérée de retraite en bonne santé quand on cible la population à 60 ans.  Ces indicateurs appliquer aux personnes âgées de 50 ans permet quant à elle d’obtenir des information sur la capacité des seniors à poursuivre leur activité.
L’objectif in fine des différentes études et travaux de recherches engagées est d’examiner et d’analyser les durées de retraites à la fois sous les prismes de l’espérance de vie et de la durée de carrière. De manière sous-jacente, le Conseil s’interroge sur les objectifs à atteindre du fait des gains d’espérance de vie constatés. vise-t’on à stabiliser au fil des générations la durée de vie consacrée à la retraite selon le principe du « droit au repos » ou cherche-t’on à égaliser les efforts contributifs au sens de la « durée d’effort » des générations successives.
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