L’Astuce

L’appel du Grand Ouest…

par | Oct 1, 2013 | Non classé

Nous récusons le système économique et social américain en le caricaturant bien souvent. Or, celui-ci s’impose à nous de manière implicite. Même si l’histoire et les traditions des deux pays sont différentes, une convergence prend forme que ce soit au niveau de l’assurance-maladie ou au niveau de la couverture vieillesse. La réforme des retraites version 2013 en est la meilleure preuve. Tout en réaffirmant le rôle central de la répartition comme base de la solidarité entre les générations, le projet de loi présenté par le Gouvernement aboutit à un transfert de charges au détriment des jeunes générations et entérine une dégradation croissante du taux de remplacement des cadres (ratio des pensions par rapport aux derniers revenus d’activité). Entre une génération 53 et une génération 83, la perte est de 10 à plus de 20 points. C’est-à-dire que les pensions perçues ne représenteront plus que 40 % des derniers revenus. La désindexation des retraites complémentaires, la réduction des majorations pour enfant et l’augmentation des taxes et impositions réduiront immanquablement le niveau des pensions. L’augmentation du nombre de trimestres nécessaires  pour avoir une retraite à taux plein pénalise par définition ceux qui ont commencé à travailler tard avec un risque d’avoir une pension tronquée. Dans les faits, la logique d’assistance se substitue de plus en plus à celle de l’assurance. Les régimes de retraite obligatoires auront comme objectif de fournir au nom de la solidarité nationale un minimum de ressources comme cela est le cas aux Etats-Unis. Au-delà d’un certain niveau de revenus, le maintien d’un bon taux de remplacement supposera un effort individuel avec la souscription de suppléments de retraite. Le recours à l’épargne retraite sera d’autant plus nécessaire que les modes de vie des retraités se rapprochent de plus en plus de celui des actifs. Selon l’INSEE, l’écart entre retraités et actifs en matière de dépenses de consommation s’est réduit de 33 à 20 % de 2005 à 2012. La grande différence entre la France et les Etats-Unis, c’est l’hypocrisie. Dans notre pays, afin de ne pas choquer les âmes sensibles, les pouvoirs publics changent les règles tout en répétant que rien ne change.

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