L’Astuce

Doom and gloom

par | Juil 25, 2013 | Non classé

Nous savons tous que le taux de remplacement (ratio pension sur les derniers revenus d’activité) en matière de retraite baissera, dans les prochaines années, pour les actifs du secteur privé. Par la seule application des réformes adoptées depuis 1993, la diminution du taux de remplacement d’ici 2030 sera de 10 à 20 points en fonction de la génération et des revenus. Sur ce sujet, il faut souligner que ni la Commission Moreau, ni le Conseil d’Orientation des Retraites n’ont publié de prévisions de taux de remplacement pour les générations qui partiront à la retraite dans les prochaines années. La diminution du taux de remplacement se poursuivra surtout si la désindexation est au rendez-vous des prochaines mesures. Le rendement du point Agirc a, déjà, été divisé par près de deux depuis les années 60. Il y a face à cette évolution deux solutions, soit le laisser-faire et accepter un appauvrissement relatif des futurs retraités, soit essayer de mettre en oeuvre un réel étage supplémentaire par capitalisation. Aujourd’hui, l’épargne retraite assure environ 3 % des revenus des retraités français. La France est, en la matière, en fin de peloton de l’OCDE. Certes, l’assurance-vie constitue un palliatif de qualité à cette absence de fonds de pension. Il n’en demeure pas moins qu’entre un complément retraite et une assurance-vie, les logiques sont différentes. Un produit retraite suppose une sortie exclusive en rente avec une allocation d’actifs prenant en compte la durée du produit qui peut atteindre trois à quatre décennies. L’assurance-vie est un produit d’épargne de moyen et long terme avec un objectif patrimonial. Afin de compenser la perte à venir des revenus issus de la répartition, il serait souhaitable que d’ici 2030 ou 2040, l’épargne retraite soit en mesure de procurer 10 % des revenus des futurs retraités. A cette fin, la France devrait s’inspirer de ses partenaires en favorisant l’émergence d’un régime professionnel de retraite à cotisations définies complété d’un étage individuel. Pour ce dernier, la fusion des produits actuels, PERP, Madelin, Prefon… ou du moins l’harmonisation de leurs règles de gestion participeraient à l’élan de simplification que les pouvoirs publics entendent promouvoir.

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