Centre d'études et d'information sur l'épargne et la retraite
62 ou 67 ans, interview de Philippe Crevel dans la Tribune
13 septembre 2010

Les députés viennent d’adopter le passage de l’âge légal à la retraite de
60 à 62 ans. Pourquoi le gouvernement considère-t-il cette disposition
comme intouchable ?

Parce que ce sont les mesures d’âge qui ont l’impact financier le plus important ! Ce passage de 60 à 62 ans va permettre d’engendrer une économie de 2 milliards d’euros en 2011 et 20 milliards en 2020. Et ce grâce à un double effet : cette mesure limite le nombre de gens qui partent à la retraite, et ceux-ci cotisant plus longtemps, elle génère des recettes supplémentaires. On estime que si on conservait l’âge de la retraite à 60 ans, on aurait I million de retraités supplémentaires en 2030 !


Est-ce toutefois envisageable de revenir sur le passage de 65 à 67 ans
pour bénéficier d’une pension à taux plein ?

Ce serait une erreur, car il s’agit aussi d’une mesure très importante,
dans la mesure où l’on va de plus en plus voir arriver à l’âge de
la retraite des générations ayant fait des études longues, et qui, à
65 ans, n’auront pas cotisé les 41,5 ans requis pour toucher une pension
pleine. Si le gouvernement revient sur sa décision et décide de laisser inchangé à 65 ans l’âge du taux plein, cela ne va pas modifier
immédiatement le montant du déficit vieillesse. Mais après quelques
années, cette décision amputerait les économies attendues.